Lundi 21 avril 2008
« N'importe quoi! Que des conneries! »
Olivier ferme doucement les yeux, tout doucement.
Il se rappelle de tout.

Avant, il était souvent sur les routes, parti négocier avec des fournisseurs, parti faire des formations aussi, parti loin de sa petite vie tranquille dans une petite ville de province auprès de sa mère. Elle a toujours été là à ses côtés. Ça lui père un peu des fois à Olivier, mais il y trouve quelques avantages bien pratiques des fois. Elle fait s'occupe de son linge, fait sa lessive et son repassage et tous les dimanches, elle l'invite à manger. Elle est dévouée à son fils Rosalie, il est tout pour elle. Elle ferait bien plus si elle pouvait. Rien ne la rebute, le ménage, les courses, la cuisine, elle ferait tout. Elle l'a toujours fait pour son mari d'abord et quand il est mort pour son fils. Quand son père est mort, Olivier avait dix ans tout juste. Rosalie a repris le magasin de son mari pour Olivier, pour plus tard pour qu'il ait un travail quand il serait grand. Aujourd'hui Olivier est grand, il a trente ans. Il a pris un appartement tout seul il y a quelques années. C'est lui qui s'occupe du magasin. Rosalie vient aides des fois, quand Olivier est en déplacement. Elle s'ennuie un peu, elle n'a plus grand chose à faire de ses journées. Mais elle est satisfaite, son fils a reprit l'affaire et il est resté dans la même ville qu'elle. Elle n'a pas à se plaindre, elle a des connaissances dont les enfants sont partis loin pour trouver du travail, des fois même à l'étranger. Elle a de la chance Rosalie. Mais elle a prévu aussi, elle est tout fait pour qu'il reste, pour se rendre indispensable auprès d'Olivier.

Le dimanche midi Olivier vient manger avec sa mère, il arrive souvent vers 13 heures. Tous les week ends se ressemblent. Le samedi soir il sort avec David, son ami depuis l'école primaire. Ils retrouvent la même bande copains dans le même bar depuis des années maintenant. Ils ont tout fait ensemble. Des fois, David passe même le dimanche après-midi pour prendre le thé avec Olivier et Rosalie, quand il est rentré seul le samedi soir. Ça n'arrive pas souvent, il a du succès avec les femmes David, il ne reste jamais bien longtemps avec la même, mais il ne reste que rarement seul et pas plus d'une semaine. Olivier préfère les histoires plus longues, les filles d'un soir, ça ne l'intéresse pas. David se moque souvent de lui, et l'appelle le romantique. Olivier a l'habitude, mais il s'en moque, il cherche une femme qui vaudra le coup, une femme avec qui il pourra construire sa vie, une femme qu'il aimera pour toujours, à qui il aura envie de faire des enfants. Rosalie les espère depuis tellement de temps ces petits enfants. Elle ne dit rien, mais elle s'inquiète pour son fils. A son âge, il devrait déjà lui avoir présenté une jeune femme. Elle espère que ça arrivera bientôt, elle ne rajeunit pas Rosalie, et elle aimerait avoir le temps d'en profiter au moins un peu. Olivier lui dit qu'il n'a pas le temps de penser à ça avec le travail qu'il y a. Rosalie préfèrerait qu'il pense un peu moins au travail. Mais elle ne se plaint pas, c'est un garçon gentil son Olivier, il vient la voir toutes les semaines, il lui a fait les courses et s'est occupé d'elle il y a deux ans quand elle s'est cassé le bras. C'est juste qu'elle trouve qu'il est un peu renfermé, il ressemble trop à son père.

Tout ça, c'était la vie d'Olivier, la vie d'Olivier avant... avant l'accident.
par Bouclesdor publié dans : Nouvelle
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