C'était un samedi. Comme tous les samedis, Olivier et David avait retrouvé la bande au bar. Comme tous les samedis, ils avaient rigolé. Comme
tous les samedis, ils avaient discuté devant un verre. Comme tous les samedis, David avait dragué une jeune femme. Et il était reparti avec elle. Vers 2h, Olivier avait décidé de rentrer se
coucher, peut être un peu mélancolique, un peu triste d'être encore seul ce samedi, comme tous les samedis. Comme il le dirait plus tard, il n'avait pas bu d'alcool, rien que des jus de fruits.
Le début du trajet il n'en garde aucun souvenir, il faisait le même trajet tous les samedis soirs pour rentrer chez lui. Sauf que ce samedi là, il devait rencontrer sur son chemin Clarisse et son
petit ami Grégory. C'est Grégory qui conduisait la voiture, Clarisse n'avait pas le permis de conduire, elle n'avait que seize ans. Elle allait commencé la conduite accompagnée d'ici quelques
semaines. La voiture était à un stop et Grégory a redémarré sans voir la voiture d'Olivier sur sa droite. Olivier n'a pas pu éviter le choc. Il ne se rappelle presque plus rien ensuite. Il ne se
souvient que de cette voiture sur sa gauche qui arrivait de nulle part et de son pied sur la pédale de frein. Et de la douleur dans sa jambe, cette douleur qui, il ne le savait pas encore, allait
l'accompagner pendant de longs mois. Il a entendu les sirènes, il ne sait même pas qui a prévenu les gendarmes et les pompiers, mais quand il s'est réveillé, il était à l'hôpital.
Il a pu reconstituer ce qui c'était passé ce soir là avec l'aide des récits de Rosalie et de David qui a bien voulu lui apporter les coupures de journaux relatant
l'accident. Dans l'autre voiture, la jeune fille, Clarisse, était morte en arrivant à l'hôpital et le jeune homme n'avait pratiquement rien eu. L'enquête avait montré qu'il était complètement
responsable de l'accident. Il avait grillé un stop et il avait un taux d'alccol trop important dans le sang. Clarisse était la petite fille d'une amie de Rosalie. C'est comme ça qu'Olivier a su
les détails de l'histoire. Elle venait de se disputer avec son petit ami. La grand-mère de Clarisse avait confié à Rosalie que cette relation ne plaisait pas aux parents de la petite. Le jeune
homme était plus âgé, un peu violent et Clarisse était malheureuse ces derniers temps. Pour elle c'était clair, ce garçon se servait de sa petite-fille et à cause de lui elle était morte. Même en
sachant tout cela, Olivier ne pouvait s'empêcher de penser que si lui n'avait pas été là, à cet endroit, à ce moment, sur cette route, rien de tout cela ne se serait passé. Cette route n'était
pas tellement fréquenté et même en grillant le stop, ils n'auraient pas dû être percutés. D'ailleurs, Olivier l'avait déjà grillé ce stop, et lui il était encore là, vivant, juste avec cette
jambe qui lui faisait tellement mal. Il le savait lui olivier que si elle était morte c'est de la collision avec sa voiture à lui. Dans ses rêves, la nuit, il voyait le choc contre la voiture. Il
voyait sa voiture écraser une jeune fille assise sur le siège passager de l'autre voiture. Il en pleurait Olivier. D'autant plus qu'il était incapable de se souvenir à quoi ressemblait cette
Clarisse qu'il avait pourtant déjà dû croiser plusieurs fois.
Et tout ça a continué encore, les douleurs dans la jambe, les cauchemards... jusqu'à ce que l'hôpital le renvoit chez lui... et même après encore.
Rosalie a tout pris en main pour que le retour d'Olivier chez lui se passe le mieux possible. Elle a décidé de se charger de tout pour qu'il n'ait plus rien à faire et
qu'il puisse se rétablir au plus vite. Elle est dévouée Rosalie, elle ferait tou pour son fils, elle n'a que lui. Au fond d'elle même, elle ne peut s'empêcher de se sentir satisfaite de la
situation. Elle redevient une maman qui s'occupe de son petit garçon. Olivier n'est pas encore comlètement guéri, c'est pour ça qu'une infirmière vient régulièrement lui faire des soins à la
maison. Olivier a encore mal à la jambe, mais elle dit qu'il est presque guéri. Un autre qui vient souvent le voir, c'est David son meilleur ami. Il se sent un peu coupable aussi. Il n'est venu
voir Olivier à l'hôpital que le lundi, après avoir passé le dimanche aulit avec sa conquête du samedi soir. Il se dit que ça aurait pu être lui à la place d'Olivier ce soir là, sur cette route
là. Mais David prend la vie comme elle vient, il ne ressasse pas ces pensées toute la journée. Il sait qu'on n'y peut rien, qu'il faut accepter les choses telles qu'elles sont et que de toutes
façons, on ne peut pas revenir sur le passé. Et puis il travaille, David, il continue à sortir aussi, moins souvent qu'avec Olivier parce que c'est plus terne. La bande d'amis paraît un peu vide
sans lui. D'ailleurs toute la bande est venue voir Olivier. Il s'est rendu compte qu'il avait plus d'amis que ce qu'il pensait. Mais ça ne lui remonte pas le moral, il s'ennuie tout seul toute la
journée. David vient souvent, mais il travaille, et Rosalie est souvent à la boutique.
Les jours passent, et Olivier déprime. Il a toujours mal malgré les soins de Mélanie, l'infirmière. Il ne peut pas se lever de son lit. Il s'ennuit malgré la présence de
Rosalie et les visites régulières de David. Il se sent inutile, il a l'impression d'être un poids. Les amis du début viennent moins souvent. La vie continue autour de lui.
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