Thème : le printemps
Contrainte : entre 100 et 500 mots
Elise est rentrée de l'école toute joyeuse et impatiente. « Demain c'est le printemps » a dit la maîtresse. Elise a hâte d'être à demain. Tout aura
changé, elle en est sûre. La pluie et la grisaille qui assombrissent tout auront disparu. Il y aura un grand soleil dans le ciel qui sera bleu. C'est obligé, il fait beau au printemps. Et l'herbe
sera toute verte avec des fleurs partout. Elise sourit en contemplant son dîner. Son papa ne dit rien. Pour une fois qu'elle mange sans rechigner. Elle a joué tranquillement dans sa chambre
depuis qu'elle est rentrée de l'école. Pas un bruit. Et maintenant, elle va se coucher tout aussi tranquillement. Le papa d'Elise ne se demande pas ce qui arrive à sa fille, elle qui est toujours
si bavarde. Il profite simplement de ce moment de calme. Il est fatigué il a beaucoup travaillé aujourd'hui. Elise s'endort le sourire aux lèvres, elle va rêver du printemps.
Le matin, Elise se réveille tôt. Elle est toute excitée. C'est aujourd'hui. Elle approche sa petite chaise de la fenêtre. Elle monte dessus. Elle écarte le rideau.
Il pleut. Ce n'est pas possible. Aujourd'hui c'est le printemps. Elle lache le rideau, l'écarte de nouveau. L'herbe est pareille qu'hier, il n'y a pas de fleurs. Tout est pareil qu'hier. Rien n'a
changé. Mais que se passe t'il? La maîtresse ne s'est pas trompé quand même.
Elise dévale l'escalier et cherche son papa. Il boit son café dans la cuisine. Il est encore tôt pour une petite fille. C'est ce qu'il dit quand il la voit arriver
en chemise de nuit dans l'encadrement de la porte.
« Papa, c'est le printemps aujourd'hui? demande t'elle
- Mais oui ma puce, répond distraitement le papa
- Pourquoi il pleut alors ? Et pourquoi il y a pas de fleurs partout ? »
Le papa d'Elise relève la tête vers sa petite fille.
« Mais qu'est ce qui se passe ma chérie? demande t'il
- La maîtresse a dit que c'est le printemps aujourd'hui, mais tout est pareil qu'hier, répond Elise, la mine boudeuse d'une petite fille qui se retient de
pleurer. »
Le papa d'Elise se baisse et s'accroupit devant elle. Tout doucement il lui parle, il lui explique que le printemps est une saison et qu'elle s'installe lentement.
Il luit dit qu'aujourd'hui elle ne voit pas la différence, mais que dans un mois la nature aura changé. Il lui raconte les fleurs, les animaux. Il lui sourit maintenant.
« On va aller s'habiller ma puce... et on n'oublie pas le ciré et les bottes », lui dit-il.
Elise est prête. Son papa a téléphoné au travail, il ne pourra pas venir aujourd'hui. Sa fille est malade. Le papa prend Elise par la main, et ils sortent sous le
crachin. Il va lui montrer les fleurs en boutons qui bientôt écloront, les petits animaux qui viennent de naître, le début du printemps...

« C'est en croyant aux roses qu'on les fait éclore » Anatole France
« Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir » Matisse
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