Mercredi 2 avril 2008
« La maison était enveloppée de silence, comme si la mort avait des pas de velours. On ne faisait pas de bruit. Tout le monde parlait bas. Et moi, je ne pensais qu'à lui. Ses éclats de rire, sa façon de parler. Même les grillons, dehors, imitaient le requete, requete de sa barbe. Je ne pouvais cesser de penser à lui. Maintenant, je savais vraiment ce qu'était la douleur. La douleur, ce n'était pas de se faire battre à s'évanouir. Ce n'était pas de se couper le pied avec un morceau de verre et se faire mettre des points à pharmacie. La douleur, c'était cette chose qui vous brise le coeur et avec laquelle on devait mourir sans pouvoir raconter son secret à personne. Une douleur qui vous laissait sans force dans les bras, dans la tête, sans même le courage de tourner la tête sur le traversin. »



José Mauro de Vasconcelos

Mon bel oranger (p. 227-228, éd. Stock 1971)

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Mercredi 2 avril 2008
"J'écris parce que je n'ai personne à qui parler" Tristan Bernard


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Mardi 8 avril 2008

« Il s'obligea à garder les yeux ouverts comme ils dévalaient la pente en glissant encore et toujours, et soudain il vit les lumières et il les reconnut. Il savait qu'elles brillaient à travers les fenêtres des maisons, que c'étaient les lumières rouges, bleues et jaunesqui scintillent sur les arrbres dans les lieux où les familles créent et conservent des souvenirs et où elles célèbrent l'amour.

Toujours plus bas, toujours plus vite. Il sut brusquement, avec certitude et avec joie, que là-bas, en bas, ils l'attendaient; et qu'ils attendaient aussi l'enfant. Pour la première fois, il entendit quelque chose qu'il reconnut comme étant de la musique. Il entendit des gens chanter. Derrière lui, à travers l'espace et le temps, comme venue de l'endroit qu'il avait quitté, il lui sembla aussi entendre de la musique. Mais peut être n'était-ce que l'écho. »


Loïs Lowry
Le passeur (p. 287-288, ed. Medium, 1994)


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